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  • Shoot canin

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    Après l'orage, les feux de signalisation sont en panne. Les gens roulent comme des malades. Une petite pluie fine se met à tomber. A l'angle d'un carrefour, ils s'engueulent dans leur langue. Comme deux escrimeurs, ils s'assènent l'un à l'autre des harpons de points d'interrogation, catapultent des chapelets de consonnes, mots acérés et empoisonnés, brûlant comme une mèche, langues claquantes par-dessus des lèvres crènelées, des aboiements éclatant hors des bouches caverneuses.
    Ils semblent avoir été tenus en laisse longtemps. Les mots arrachés de toutes leurs forces sont libérés. Et la voix devenue le couteau, débite de plus en plus de mots, jusqu'à ce que ne subsiste plus que le squelette de l'indicible

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  • Rue de la République

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    Dans ce quartier, bon nombre de maisons en bordure de rue sont camouflées derrière des échafaudages et des bâches en plastique. Les piétons circulent sous les échafaudages par d'étroits tunnels faisant office de passerelles. Des embranchements à intervalles réguliers s'ouvrent sur des portes d'entrée et des commerces.
    Non loin d'un petit supermarché, un vieux poivrot fait glisser son pantalon en toile crasseuse le long de ses jambes, puis il s'accroupit sur la grille du métro et lâche sa merde. Il finit par se relever et le pantalon sale autour des chevilles, il essaie de faire deux pas en traînant les pieds. Les couilles à l'air qui ballotent, il semble réfléchir.
    Des gens passent et des nuées d'oiseaux ruissellent dans le ciel comme les gouttes aiguës d'un métal fondu.

    à lire : "Les mauvaises herbes" mon essai fiction publié
    par la revue électronique de littérature SQUEEZE N°3
    dans la rubrique "de l'utilité de l'art"

    http://revuesqueeze.blogspot.com

  • Parcelles durables

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    Le ciel en feu disparaît derrière l'horizon. Il se transforme en un véritable incendie de rouges, d'oranges et de roses. C'est comme une récompense du soleil, pour tous ceux qui acceptent de respirer, jour après jour, l'air empoisonné de la ville.
    Autour du cou, accroché à un lacet de cuir, il porte un coquillage, peut-être rapporté d'une lointaine île du Pacifique. Au moment où il oblique en direction de la mer, il monte le volume de la radio, allume une cigarette, s'enfonce dans son siège en position avachie pour rouler tranquille et observe la lente disparition de toute chose, les arbustes et les fourrés, les lumières dans les collines, les panneaux au-dessus de l'autoroute. Il est comme dans un convoi où chaque voiture reste derrière celle de devant, à distance suffisante pour voir ses feux arrière, comme une caravane dans un désert, réunie un temps pour traverser en sécurité une zone sombre et inconnue. De temps en temps, quelqu'un met le clignotant droit et quitte la file pour s'engager sur une bretelle de sortie.
    Dans la nuit douce et tiède comme un bain, il arrive devant la gare. Tandis qu'il descend le boulevard, il contemple les gens qui flânent, ceux qui se parlent dans l'embrasure d'une porte, ceux qui sont assis à la terrasse des cafés à regarder l'agitation des trottoirs, ceux qui étendent leurs morceaux de tissus jonchés de marchandises bon marché...
    Il se dit que la ville, c'est un rêve et une vision, mais en même temps, c'est quelque chose de parfaitement réel, de tangible, de palpable.

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