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Rose givrée

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Elle doit avoir une quarantaine d'années. Elle est mince, avec de grands yeux noirs et un regard intense. Une crinière de cheveux châtains tombe en broussaille sur ses épaules. Elle porte une tunique blanche avec des dentelles et des volants. Un collier de perles exotiques orne son cou.
L'intérieur de sa maison, qui a été meublé et décoré au début des années 70, semble être resté figé depuis cette époque. Des objets indiens et africains jonchent les pièces, les murs sont tâpissés de tentures indiennes et parsemés de clochettes de cuivre suspendues à des cordelettes. Une lourde odeur de santal et de musc imprègne cet appartement.
Là, elle fait la sieste.
Soudain, la sonnerie du téléphone la contrarie un peu. Les gens ne devraient pas téléphoner pendant ses heures de tranquillité. Mais, elle répond. Elle n'a jamais réussi à laisser son téléphone sonner.
"Allo ?"
A l'autre bout du fil, c'est une voix d'homme. Tout à fait normale, aussi dénuée d'accent qu'une voix peut l'être, un peu monotone, mais impossible de dire si elle est jeune ou mûre. Une voix terne, dénuée de toute note régionale ou de particularité de prononciation.
"C'est quoi votre problème ?"
Elle lui dit carrément d'aller se faire foutre et elle raccroche.
Dans l'immédiat, elle allume la radio. C'est brouillé et ça saute sans arrêt.
Dehors, il y a un ciel incroyable et tout à l'air d'être peint en rose.

Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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Commentaires

  • ça fait longtemps... et c'est bon de revenir et de constater que ton écriture est forte, visuelle, sensible. L'expérience, le temps, l'abandon. J'aimerais savoir à qui tu pensais quand tu as écrit ce texte mais ne me le dis pas. Tu ne me le diras pas. Trop élégante pour ça. Merci de laisser cet espace entre les lignes. Quelle respiration.

  • ça fait longtemps... et c'est bon de revenir et de constater que ton écriture est forte, visuelle, sensible. L'expérience, le temps, l'abandon. J'aimerais savoir à qui tu pensais quand tu as écrit ce texte mais ne me le dis pas. Tu ne me le diras pas. Trop élégante pour ça. Merci de laisser cet espace entre les lignes. Quelle respiration.

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