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  • L'échelle de Beaufort

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    Il y a des vents diurnes, des vents nocturnes, des vents du petit jour, des vents du crépuscule, des vents porteurs de neige ou de chaleur, des vents printaniers ou des vents d'automne, des vents légers, des vents folâtres, des vents dangereux, des vents destructeurs, des vents dominants, des vents sifflant en rafales, des vents turbulents, des alizés, des contre-alizés, des cyclones, des anti-cyclones, des vents de terre, des vents d'altitude, le jet-stream, le vent marin, celui qui suit le cours des rivières, celui qui parcourt les continents, celui qui préfère les cavernes et les jardins... Un nombre inimaginable de types de vents qui sont là sans y être et qu'on peut localiser, ici dans le frémissement des feuilles d'un arbre, dans un tourbillon de poussière, dans le claquement d'une porte, dans la course folle des détritus dans la rue... On peut entendre le vent murmurer, gémir, pleurer, siffler, hurler, rugir, puis se taire ou se muer en brise légère... Dire, le voilà, il est là, c'est le vent, c'est impossible. Il est là sans y être, réel mais inaccessible, présent mais insaisissable. Il ne reste rien de lui, sinon l'attente de sa venue, la crainte de son arrivée, le souvenir de son passage.

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  • Méditerranée

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    Le temps est au beau depuis quelques jours. Le soir sent le printemps et les gaz de la rue. La lune s'est levée. Par moments, de légers nuages passent sur elle. Ils se colorent alors de nuances bleues.
    Dans la rue, un chat rôde en miaulant près d'un tas d'ordures faiblement élcairé par le reflet des fenêtres. La pulsation sourde d'un autoradio se répand par les portières grandes ouvertes d'une voiture. Quelques secondes plus tard, le tintement d'un porte-clefs contre une porte et un crachat qui explose en étoile sur le goudron.
    Comme d'habitude, la mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit. Rien n'y demeure, rien n'y passe qu'en fuyant, et des bateaux qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui ? Et cette eau de la mer est bien plus délicate que la terre endurcie.
    Quand la nuit est presque venue et que le ciel est sombre, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel mystère enfoui sous les flots.

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  • La vieille dame

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    Ils sont ivres. Ils restent là un moment, l'air égaré, les yeux fixés sur la rue. Et puis, l'un d'eux désigne une direction au hasard. Ils prennent le départ, cramponnés l'un à l'autre, en titubant et en trébuchant à chaque pas.
    La rue est plutôt déserte, mais un peu plus haut, une vielle dame sort la tête d'une fenêtre entrebaillée. Elle observe d'un air peu rassuré les hommes qui approchent. Son regard n'est guère engageant, mais ils n'ont pas le choix. Elle est la seule personne à qui ils peuvent s'adresser.
    La vieille dame ne bronche pas. Elle les regarde avec la même expression de dégoût que si elle venait d'apercevoir un tas d'immondices sur le trottoir. Ensuite, elle secoue la tête sans prononcer un mot et ferme la fenêtre à toute vitesse, comme si elle craignait de se faire agresser.
    Sans doute, est-elle restée derrière le rideau blanc, à guetter, l'oreille tendue, le départ de ces hommes.
    Peut-être, a-t-elle dit "Cochons d'ivrognes !" avec dans ses yeux grands ouvert comme une lueur de démence.

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  • Ligne de mire

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    Rue du Musée. Rue de l'Académie. Rue d'Aubagne. Rue de la Palud. Rue Moustier. Rue d'Aubagne. Place Paul Cézanne. Notre Dame du Mont...
    Je marche dans les rues, observant le mouvement fluide du monde autour de moi. Je marche tout simplement au hasard. Les trottoirs sont bondés. Le bruit des voitures emplit mes oreilles. Quelqu'un klaxonne longuement. J'entends des sirènes au loin. Les lumières forment des points brillants qui éclaboussent les vitres des voitures.
    Devant un café, sur la terrasse, un chien lève la patte et pisse sur le pied d'une table, tout près de celui d'un homme en train de boire son pastis. C'est un homme mince, d'une soixantaine d'années, avec des cheveux gris et abondants, soigneusement peignés. Ses yeux froids, légèrement voilés, sont plats et sans relief au milieu de son visage.
    Il avale une longue gorgée et finit son pastis. Il jette un coup d'oeil à sa montre, se lève et quitte la terrasse du café.
    Dans la rue, il resserre le col de sa veste et se met à marcher. Il ne regarde pas les gens qu'il croise. De temps à autre, il s'arrête à une devanture et examine son reflet dans la vitrine. Il reste longtemps en contemplation, puis sa bouche s'ouvre et il en sort une toux sèche, étranglée. On dirait la toux d'un homme enseveli qui a la gorge pleine de terre.
    Une odeur de tarte aux pommes tiède s'échappe d'une cuisine. Soudain, j'éprouve une brusque sensation de vide au creux de l'estomac. Je traverse la rue. La soirée est fraîche et sans nuages. Dans la cour d'une maison, un petit garçon empile des cartons sur le seuil éclairé de ce qui semble être un abri de jardin.
    Je poursuis mon chemin. Personne dans la rue, malgré la lointaine rumeur de la circulation.

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