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  • Toboggans

     

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    Une voiture file sur le pavé mouillé de la voie rapide. Son lourd roulement expire presque aussitôt, comme le bruit d'un avion qui traverse rapidement un épais nuage. J'entends un couinement. Un petit caniche avec un collier à carreaux mordille les chevilles de sa maîtresse. Elle me lance un regard par-dessus l'épaule et poursuit sa route. Deux mecs passent à côté de moi. Ils se marrent.
    Je marche vers l'arrêt de bus. Des voix se font entendre. Les rires complices d'un homme et d'une femme qui savourent ensemble quelque plaisanterie.
    A la station-service d'en face, deux nanas s'interpellent avec bonne humeur. Deux autres rigolent. Une femme sort des toilettes. Elle s'en va d'un pas brusque rendre la clef au pompiste. La voiture de la femme est ouverte. Un homme l'y attend assis. Il y a des livres de poche et des magazines de mode sur la banquette arrière.
    Au-dessus de moi, les gabians tournent et virent, et paraissent planer, soutenus par des fils invisibles.

     

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  • La réalité augmentée

     

    Ceci n'est pas 001.JPG

     

    L'odeur de la bière. La puanteur qui s'échappe des WC. Un parking. Des emplacements vides avec des parcmètres. Des bus qui grimpent. Des bagnoles garées en plein milieu de la rue. Des automobilistes qui klaxonnent. Ceux qui veulent passer. Des graffiti avec des fautes à tous les mots. Des journaux qui parlent de braquage à main armée. Le bruit des pas. Le reflet de la mère et de la fille dans une glace. La robe à motif, toute fripée dans le dos, qui remonte dans un coin et laisse voir le fond d'un collant opaque. Sa voix qui se perd dans le maelström de musiques et de conversations qui peuplent la rue. La télévision un peu plus loin. Eclats de rire. Applaudissements. Un coup de vent pousse des détritus contre les rideaux de fer des magasins. Des cartons débordant d'ordures jalonnent les trottoirs. Bientôt, les pluies viendront et commenceront à retourner toute cette saloperie. Les caniveaux déborderont, briques de lait boîtes de conserves os de poulets mégots, toute sorte de cochonneries se coincera entre les voitures et empestera jusqu'à ce que la pluie vienne tout emporter.

    Les quartiers nord. Les quartiers sud. La ville s'étale dans tous les sens à la fois. La ville est un cercle. La ville est un labyrinthe. La ville est très loin. Puis, tout à coup, plus près. Ici ou là. Quelque part. Le passé. L'avenir. Comme un journal qu'on froisse. Tous les mensonges. Toutes les galères. Tous les jours passés à gratter pour reconstruire. Toutes les excuses imaginables. Tous les discours. Tous les mots bouffés à la hâte à force d'attraper rien du tout.

    Toutes ces choses qu'on peut touiller d'une main dans un évier d'eau grasse. La poussière de la ville. La tête qui a besoin d'un coup de peigne. Les yeux à peine ouverts. Les yeux rivés sur le centre de la cible presque à angle droit. Là où des voix remontent et se perdent et laissent un long sillage de chair. Là où des traces de pas deviennent des flaques avec à l'intérieur des bulles et du sable mouvant et une nouvelle vie qui se libère.

     

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