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  • Penzlauer Berg

     

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    Schönhauser Allée. C'est là que je descends. La soirée est déjà bien avancée. Dans quelques minutes, je vais déposer mes bagages. Je Marche. Nous sommes trois. Nous marchons. Les trottoirs sont larges, bordés de roses trémières. Il n'y a pas de poubelles dans les rues. Pas de détritus. Les fenêtres des rez-de-chaussée ne sont pas protégées par des barreaux. Certaines sont ouvertes. Je peux apercevoir l'intérieur des appartements. Nous traversons un parc avec de grands arbres. Les fleurs semblent semées à la volée. ça sent bon la terre après la pluie. Quelques personnes assises sur des bancs prennent le frais. C'est calme. Les voitures ne circulent pas. Seuls, les vélos parcourent les rues. La nuit est rassurante. Elsa, notre accompagnatrice, nous dit qu'à Berlin ça craint pas pour les filles. ça craint pour personne. On peut rentrer à n'importe quelle heure de la nuit et dans n'importe quel état, sans aucune crainte. Vue d'ici, Marseille ressemble à un immense corps malade fait de millier de sortes de vies qui s'agglutinent et qui luttent ; qui s'embrassent et se détruisent les uns les autres, sur un fond de vomissures, de merdes de chiens et de relents d'ordures. De là cette mauvaise haleine qui permet à la circulation, à la digestion, aux systèmes excréteurs de continuer à fonctionner, comme au cours d'un coma prolongé. Au fur et à mesure que je marche, je me demande si ce n'est pas tout le pays, avec son interminable défilé de tocards, qui se trouve dans un coma prolongé.

  • Le Centre Français de Berlin

     

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    Lorsque je prends la direction de Liverpool Strasse, la chaleur s'insinue dans  les pieds par l'asphalte de la chaussée. J'ai chaud et la sensation de chaud est encore plus forte parce que j'ai le ventre vide et que je ressens une formidable envie de manger. Je cherche la Tour Eiffel. C'est elle qui va m'indiquer que je suis arrivée au Centre Français. ça y est, je la vois !... Mais que vois-je ?... Me voilà devant "Le Village Français", une série de stands qui représente les régions touristiques de France, avec en prime, pour cocoriser le tout, des tables recouvertes de toiles cirées Bleu-Blanc-Rouge. D'ailleurs, sur l'une d'elles, il y a un accordéon qui semble oublié. Tout y est, Au revoir, Auf wiedersehen, Ricard, le château d'If, Attention je mords, Attention je monte la garde, Baguette, Champignons, Vins fins, Pâtisserie du Musée, Tarte flambée, La bonne Franquette... Au fur et à mesure que je me déplace, j'ai l'impression de perdre le sens des réalités. Un voile se répand autour de moi, comme un brouillard. Puis, ce que je vois commence à se distordre, à s'étirer comme vu à travers un grand angle : Mireille Mathieu ! Sur la scène, regards langoureux et voix chevrotante en prime, le clone, la copie conforme de Mireille Mathieu. Pour bien regarder, il faut savoir ouvrir, mais aussi, fermer les yeux écrivait Aby Warburg. J'ouvre. Je ferme les yeux. Je vois toujours Mireille Mathieu. Je comprends que toute la mertitude des choses de la France se trouve concentrée devant le Centre Français de Berlin. Je m'y rends pour voir la première du spectacle Entre 2 chaises mis en scène par Hélène Lebonnois et Alexandra Zoe de La Ménagerie (plateforme du théâtre francophone à Berlin)

    http://lamenagerie.wordpress.com/