02.11.2009
La mer a la couleur de la mer

Matinée brumeuse de novembre. Du haut du cours Julien, je vois les arbres à moitié nus et le tapis brun de feuilles mortes qui jonchent la rue. Chaque jour, je vois la dégradation du quartier de Noailles et son naufrage dans la paranoïa des poubelles qui débordent, depuis que les éboueurs ne passent plus ramasser les détritus. Chaque jour, je sais que des hommes se promènent avec des morceaux de bombe atomique dans la poche et le plutonium qu'ils transportent, c'est l'esprit du temps. "La chaleur était tellement étouffante qu'on entendait gémir les fleurs dans les jardins et que les hommes entrèrent en gestation. L'un d'eux accoucha d'Adolf Hitler". (Kazimierz Brandys, "Hôtel d'Alsace et autres adresses", Gallimard 1992). Depuis, c'est comme un hachoir qui fonctionne sans cesse cette terreur claustrophobique de l'Europe Occidentale. Identité nationale. Je cours après le tramway. La pluie me tombe dans le cou. Je patauge dans mes chaussures. Multiple. Mon identité est multiple, et cette richesse, c'est évident, se défendra. Cette richesse sera défendue par la foule venue ici de partout qui m'entoure et qui joue des coudes, omniprésence dans la ville, surface scintillante, "L'avenir appartient toujours aux esclaves et aux immigrés..." Cioran.
15:46 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, graffiti, tags, écriture urbaine, poésie, ville de marseille, sociologie urbaine, art street, photos de murs, résistance urbaine










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