19.10.2009
Vaguement bleu comme le ciel

Le vent assaille encore les fenêtres. Un homme pousse un serpent de chariots vers les portes automatiques du supermarché. Il peine de tout son corps filiforme sur le convoi tandis qu'il passe lentement devant les devantures des autres commerces. Appuyé de toute sa longueur contre les poubelles, un matelas se dresse, percé d'un gigantesque trou noirci par lequel passe le jour : cramé de part en part. On dirait qu'une bombe est tombée en plein dessus. Au loin, le grondement étouffé de la voie rapide, une succesion de lacets d'où l'on domine la ville dans toutes les directions, avec des entrepôts qui défilent et de tristes lotissements noyés dans le sable gris de leurs murs décrêpis. Soudain, je me sens très libre et très solitaire. J'écoute des voix, rien que le bruit qu'elles font : deux hommes en train de rire, sur fond de télé à plein tube.
19:37 Publié dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, graffiti, street art, ville de marseille, sociologie urbaine, écriture urbaine, poésie contemporaine, mémoire, traces urbaines, société, photos de murs, explorations urbaines, cours julien










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