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  • L'odeur du goudron

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    L'herbe a l'air plus verte, les bancs du jardin public ont meilleure allure et les fleurs se donnent plus de mal pour briller. Marseille se dévoile comme un chantier permanent. Des parties de quartier sont rasées, de nouveaux immeubles se dressent vers le ciel, d'autres encore en construction sont entourés d'échaffaudages. Dans certaines ruelles où les maisons sont plus anciennes [certaines sont murées] des vêtements sèchent aux fenêtres. Plus loin, loin du centre, les touristes descendent des bateaux de croisière. Ils prennent le bus et vont faire leurs achats au Port, dans le ghetto qui leur est réservé. Ils sont tous à la queue leu leu. Ils s'agitent, gesticulent, parlent, crient. Ils sont tous pressés, question de savoir ce qu'ils trouveront au bout de l'aventure. Pourtant, le soleil brille dans le ciel et la mer est propre. Un homme fume une cigarette pendant qu'il boit. Il se parle à lui-même. Il rumine des pensées qui s'envolent. Dans sa tête, un flot de pensées. Boucles. Méandres. Tourbillons. Coups de cymbales. Il transpire aux aisselles, à la nuque, au dos. Il se lève hâtivement, puis il s'éloigne. Un bruit approche. Des moteurs. C'est un convoi de l'armée. Une longue file remplie de soldats. Toute une cargaison qui roule lentement. Un convoi très long et très lent. Le monde est en guerre.

  • L'impossible espace

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    De chaque côté, il y avait des appartements de luxe. J'ai vu une femme ivre qui courait dans la rue, et lorsqu'elle est arrivée au bord du trottoir, elle a trébuché, et elle est tombée dans le caniveau. Un jeune homme a aidé cette femme à se relever, mais, elle tanguait sur ses talons hauts et se frottait les genoux, et le jeune homme n'arrêtait pas de lui parler. Il parlait en agitant ses mains, et la femme disait qu'elle était heureuse d'avoir rencontré le jeune homme, parce qu'elle en avait marre de lutter contre son mari que l'alcool rendait dingue. Elle avait du mal à se tenir debout, comme si ses os trop à l'étroit, voulaient aller dans la direction du jeune homme. Au loin, un ballon a éclaté. Il y avait un homme qui n'arrêtait pas de sauter sur place, et pendant ce temps personne ne disait rien, et se contentait de regarder ce quelque chose qui se passait, comme si chaque chaque geste sortant du chaos, était aussitôt rendu au hasard, à l'attente du prochain élan...

  • Mabuse [2]

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    Le soleil décline. Je suis dans la rue, comme d'habitude. La rue est encombrée par la circulation. Les conducteurs des voitures sont sur les nerfs et sur la défensive. Ils paraissent malheureux. Soudain, il y a un claquement, accompagné d'un rugissement : le métro aérien s'arrête pile devant moi. Je dévisage une rangée de tronches qui me rendent mon regard. Puis, le métro disparaît et je me balade.
    Un petit chat passe devant une porte. Il s'arrête et me regarde. Ses yeux brillent comme du feu. Je tends la main, mais le chaton reprend sa route. Plus loin, je passe devant un terrain vague. Des hommes jouent au football. La plupart ont du ventre et des gros culs. Je les observe. Il y a plein de balles qui partent n'importe où, mais ils continuent à jouer. Presque comme s'il s'agissait d'un rite.
    C'est la première fois que je suis seule depuis cinq jours. La solitude me nourrit. Sans elle, je suis comme une autre privée de nourriture ou d'eau. Chaque jour sans solitude m'affaiblit. Je ne tire pas de vanité de ma solitude, mais j'en suis tributaire.