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Plaques-sensibles

  • Le tête à l'envers

    Le soleil est au zénith. Chaud. les feuilles sont balayées dans un sens puis dans l'autre au gré des coups de vent. Quelques oiseaux essaiment leur ombre sur la terrasse. Tap Tap. Une fille est en train de tapoter sur la table. Elle a plein de bracelets aux bras et des bagues à tous les doigts. Elle boit une gorgée de bière. Secoue la tête. Des avions passent dans le ciel. Ceux qui sont çà haute altitude viennent de décoller. Ceux qui volent à basse altitude atterrissent. Les gens là-haut. Des vies. Des vies pleines de moments épars et d'évènements entassés. Je descends vers le port. L'air empeste la putréfaction. Certains trouvent que ça pue. Ils en sont malades, pas moi. J'aime l'odeur de l'essence sur l'eau vaseuse, celle des petits bateaux de pêche et des vieux cordages.

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  • L'instant présent

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    Le cargo fend la mer, chargé de containers. Un homme et une femme longent la plage. Un homme seul flatte son chien. Le vent souffle. La mer bouillonne. Le ciel se voûte. L'air remue. Une porte s'ouvre dans une maison beige. Un vieil homme planté sous un feu tricolore, n'ose pas traverser la rue, malgré le signal vert. Son visage est tellement ridé qu'il est difficile d'y déceler une expression quelconque. Ce qu'on remarque d'abord, c'est le petit oiseau qu'il tient doucement entre ses mains serrées contre son corps. Il tourne la tête et sourit à l'oiseau, dont la petite tête bleue aux yeux fermés se blottit faiblement contre lui.

  • La fenêtre

    Les images qui défilent devant la fenêtre changent, se dissipent, s'assombrissent, se colorent. La rue, arrosée par la pluie, affiche des prétentions de métropole. Au huitième étage, une fille rondelette est assise de dos sur le rebord de la fenêtre. Elle épluche des pommes de terre. Chant monotone et régulier du couteau qui ôte la peau. Brûle-encens. Les rues du centre ville portent la barbe. Il y a des gens qui mangent des dattes. D'autres, les noyaux. Chaque étalage dans la rue, tout ce qu'on voit, tout ce qu'on imagine, évoque le drame qui se joue. Même le paisible silence de la nuit.

    Revue MICROBE 92 (2 proésies)
    http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2015/10/31/microbe-92-5709025.html

     

  • Chemins de traverse

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    Traverser le parc, longer la courbe de la voie express, là où les voitures sont rares et roulent doucement, monter sur le remblai du tunnel, se prendre le pied dans un vieux morceau de journal qui s'enroule autour de la cheville, traîner la page sur une vingtaine de mètres, penser aux gros titres qui s'impriment sur la cheville, donner un coup de pied dans le journal, continuer sans jamais regarder derrière, reprendre son souffle sous le rayon de lumière.

    http://traction-brabant.blogspot.fr/
    [course poursuite] dans Traction-Brabant 64

  • Noailles ordinaire

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    Une odeur de nourriture flotte dans l'air. Un parfum de salsa. Un curieux cocktail de sauce tomate et de persillade où se mêlent les effluves marins et la puanteur des poubelles. Il y a une musique de jazz à la radio. Quelques hommes en lunettes noires. C'est une matinée ensoleillée. Dans sa cuisine, une femme récure des casseroles en regardant le monde défiler sous ses fenêtres. Des voitures passent et des femmes en foulard se rendent chez des voisines pour boire le café. Non loin de là, un gamin chante en s'accompagnant au violon sur une place jonchée d'un fatras de papiers gras. Une fille aux cheveux noirs est assise à la table d'en face. Elle mange des fraises.

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