04.07.2009

Les brocolis

Img_2449.jpg
Nous qui achetons des tomates, des carottes, des chewing-gums et du papier toilettes, on forme de longues files. On avance un peu. On attend. Une femme pèse des brocolis sur une balance et examine cette balance avec un grand sérieux. Elle porte une robe rose et des faux cils. Elle prend des brocolis. Elle les glisse avec précaution dans un sachet plastique transparent. Je regarde la façon dont elle marche. je l'imagine courageuse et folle. Je me dis que rien ne vaut la plaisanterie que nous sommes, le sérieux que nous sommes, la lourdeur que nous sommes.

27.06.2009

L'été

Img_2258.jpg
Une giclée de bleu pour
avoir les idées fraîches
le long du chemin

21.06.2009

Parking

Img_2264.jpg
Dans la saleté poussiéreuse du parking, les rats s'activent entre les poubelles et les canettes de bière. Des sacs plastique s'entassent sous les cafards et des poivrots ont besoin d'un bon rasage. Le vent fait voler des bouts de cellophane. Il fait plus de 25 degrés. Des voitures se garent, d'autres partent. Une femme tout en cul et en seins, court en agitant ses mains. Elle repousse ses cheveux en arrière. Son visage est rouge. Elle monte dans une voiture et sort du parking en marche arrière jusqu'au coin de la rue. Puis, elle se remet en marche avant. L'autoroute est juste à côté. Accès à la bretelle. J'observe une mouche. Je mange une pastèque d'un rouge artificiel. Je crache des pépins. Je continue à manger.

20.06.2009

Transit

Img_2106.jpg
Depuis la grande salle où les touristes boivent des coca-cola couleur marron suspecte, jusqu'à la terrasse aux murs couverts de graffiti, tout est très cosmopolite dans ce bar. A ma droite, il y a une rousse à la chevelure ébouriffée d'endives qui fait semblant de lire American death trip. Près d'elle, une tache orange sur son pull-over bleu, un enfant parle la bouche pleine. Un vieil homme me demande une cigarette. Il est presque en loques et s'appuie contre la mort. Je lui en donne deux avec précaution. Une fille en mini court dans la rue en tortillant du cul. Remuant et tortillant du cul. Les garçons la regardent, cloués sur place. Ici, il n'y a pas grand chose à faire. Ce n'est rien qu'un passage dans la vie quotidienne.

07.06.2009

La ville peau

Img_2276.jpg
La rue. Peau de la ville. Peau sensible. Témoignages. Anciens. Récents. Graffitis. Slogans. Nombreux. Eclatés. Manuscrits.
Traces sur le corps. L'amour. L'homme. La femme. Aliénés. La critique du pouvoir. La critique de toutes les violences. De toutes les falsifications.
Peau griffonnée à main nue. Représentation figurative. Murs obscurs des latrines publiques. Poésie de la parole. Crue.
Magie de l'ellipse. Martèlement du verbe. Témoignage vital du désir.
Corps. Graffiti. Mot valise d'une époque qui s'abreuve dans la marge d'un gigantesque jeu de Lego à ciel ouvert.
Plaisir esthétique. Mémorial du temps. Revendication politique. Exutoire obscène -?-
Degré Zéro de la trace humaine. Expression brute d'une attitude envers autrui ou le monde -?-
Autonomie de l'esprit gagné sur l'entourage matériel ou grégaire. Inauguration d'une concrétion mentale -?-
Prototype d'un itinéraire. Premier acte de l'hominisation. Archétype rétrocessif -?-
Vitalité dressée face au monde qui amène l'homo érectus à privilégier les supports verticaux -?-
Transe qui dispose l'esprit à la découverte et pose le corps dans l'exécution -?-
Vivacité fugace. Trace de ce qui dans l'instant nous avive. Seuil minimal de l'auto-référence -?-
Image qui fait langue au temps où la matière fait sens -?-
(à suivre)

25.05.2009

La petite plage

Img_2275.jpg
Un peu de ciel. Une matière vive. La mer dans un coquillage. La mer entière. L'ampleur du temps. L'ombre du chemin. Les poussières. L'ouverture à la respiration. Ici et maintenant. En cette vie. En ce monde. L'intuition du regard et le geste qui nous fait vivre.

30.04.2009

La toupie

Img_2268.jpg
La vie est un oeuf au plat qui durcit et fond comme du sucre.

05.04.2009

Le chantier

Img_2232.jpg
La terre tourne sans cesse tout autour du soleil pour qu'il y ait la nuit et le jour sans cesse, pour que nous ne brûlions pas dans le feu et que nous ne tombions pas dans le vide sans fin. Nous pouvons vivre sur la terre où il fait sans cesse jour et nuit et où il ne fait pas sans cesse feu et vide. C'est en bouchant le vide et en éteignant le feu que nous avons trouvé la nuit et le jour.

03.04.2009

Rue Crudère

Img_2234.jpg
Les yeux nous disent tout ce qui nous entoure. Ils font marcher nos jambes au plus loin, dans toutes les rues, tous les recoins, loin devant nous, ouverts dans le jour, nous les portons jusqu'à l'horizon, comme la marque de notre passage ou la trace de notre corps en train de faire le tour du monde.

01.04.2009

Quartier de la Joliette

Img_2222.jpg
L.O.V.E.
Au loin, les vagues se déroulent et le corps fait des pauses, comme un petit relief de collines. Au fur et à mesure, il n'y a que des sillages de la main traînant dans l'eau. Rien d'autre que le doigt sur la route. Une ligne visible faisant peu à peu surface dans l'effarement nocturne tendu sans épaisseur.
Le trajet se dirige vers la poursuite du vent et de toute chose qui attend, ou encore qui s'épuise dans l'articulation de ce qui est déplacé, rangé, saisi, et tant de fois traversé et replacé. Ici où l'on n'est pas là. Ici où la tête tourne. Où le vent se renverse. Ici où le soleil bat son plein, où les mots n'ont plus de sens, où les doigts plissent la lumière, comme une énorme bouche lentement se retire, et il ne reste plus qu'un trou noir. Ce trou béant ou ce trottoir sauvage.

30.03.2009

Rue Estelle

Img_2218.jpg
C'est un dessin de mon voisin Vincent
qui en a marre des merdes de chiens
qui jonchent les trottoirs de la rue Estelle

 

 

24.03.2009

Notre Dame du Mont

Img_2104.jpg
Ce n'est pas un gage de bonne santé que
d'être bien intégré à une société malade

02.03.2009

Aykü rue de la Loubières

Img_2071.jpg
La circulation de l'air me donne une contremarche, celle du geste qui produit l'écriture.

27.02.2009

Aykü rue de Tilsit

Img_2073.jpg
Je le suis à la trace. Il peuple les murs des quartiers où je me déplace. Aykü, vacillement visuel qui assure la circulation et l'échange, masse bruissante d'une langue qui arrête mon regard, où je me reconnais dans cette aération émotive de la mobilité qui se déploie sur les murs de la ville, destinés à suspendre le langage. Aykü sans (S) illimité sans idée de grandeur.

24.02.2009

Marseille ça crache

Img_2069.jpg
Marseille ça crache
ça crache dans les rues
ça crache sur les trottoirs
ça crache sur les quais
les berges les pavés les cours privées
ça crache le froid le chaud
ça crache le sec le mouillé
ça crache le sombre le lourd
ça crache le clair le léger
ça crache ça crache
ça crache ce qui sort
ça crache des hommes
ça crache des femmes
ça crache des existences niées
ça crache une part de vérité
ça crache à partir de cette réalité
ça crache ça crache
ça crache l'exclusion la fragilité
ça crache le mensonge la lâcheté
ça crache le scandale ordinaire
ça crache la normalité sa monstruosité
ça crache la légitimité
ça crache ce qui nous fait
ça crache ça crache
ça crache crachat
ça crache craché

22.02.2009

Les rues sont nos pinceaux

Img_2052.jpg

15.02.2009

Aykü eskiss la vie

Img_2043.jpg
Marseille n'est pas élégante. Elle est fracas. Construite en dépit du bon sens. Chargée de tous les péchés de la terre : racisme, corruption, grand banditisme, vie politique incompréhensible. Marseille, sinistrée, confrontée à une crise aux dimensions multiples. Marseille toute grouillante de population étrangère. Marseille modernisée. Plongée jour après jour dans une situation où chômage, précarité, concernent une population de moins en moins marginale. Dans cette ville où le vote massif du Front National s'est installé dans la durée, des femmes et des hommes ont tellement respiré l'air du malheur qu'ils savourent avec délice chaque seconde de survie. Comme si Marseille avait la vocation d'être la ville où commencent tous les possibles de la liberté.

13.02.2009

OUI

Img_2048.jpg
Je marche dans les rues.
Je regarde autour de moi.
Je vois la progression spectaculaire
de la pauvreté et l'immense souffrance
qui sévit partout. Telle est la situation
dont je suis témoin.

11.02.2009

GEB

Img_2049.jpg
Il boit à même le bidon.
Elle essaie de tasser ses seins dans son corsage.
ça sent bon le poisson et la saveur beurrée.
Le plancher de la langue.
Les volants de plumetis.
Les déchets de présences.
Bossués.

03.02.2009

Aykü et le fruit de l'amour

Img_1907.jpg

02.02.2009

Sans modération

Img_1910.jpg

01.02.2009

Rue des Trois Rois

Img_1912.jpg

19.01.2009

Rue de la République

Img_1905.jpg

17.01.2009

Tomorrow and Tomorrow

Img_1887.jpg

L'écume éclabousse, charrie en son remous, sacs plastiques, bois flottés, goudrons, graines, verres et galets. L'écume mouille l'air sous la voûte du ciel. Elle frappe, fouette, roule, cingle vers des explosions qui se brisent avec fracas, dans une odeur souterraine de lichens et d'eau de mer. Les bruits du dehors arrivent comme des clapotis enveloppés d'ouate.

13.01.2009

Rue de Lodi

Img_1879.jpg

07.01.2009

Rue de Rome

Img_1824.jpg
Quelle est la part des morts ?
Et celle des vivants ?
Que sentent les enfants ?
Existe-t-il des mots qui empêchent les enfants de jouer ?

05.01.2009

Aykü et le père Noël

Img_1773.jpg
L'air marin dans le souterrain du métro.
La gare Saint-Charles.
Le tactac des roues.
La voix d'Yma Sumac.
Un air amérindien.
Je suis en train.
Un léger mouvement parfois.
Des petits riens.
Visages assis.
Regards debout.
Les yeux dans la fumée.
Ceux qui se parlent à eux-mêmes.
Dans le vent qui les sème.

01.12.2008

Besoin de rien

Img_1762.jpg

 Rien ne semble plus long qu'un retard imprévu. Rien de plus difficile à décrire, ni de plus ennuyeux à lire "Une heure passa" et la phrase ne contient ni ennui, ni odeur, ni chaleur, ni bruit. "Une heure passa". Il commence à faire frais. La rue est pleine de voitures mal garées. Dans l'une d'elle, une femme allaite son bébé. J'attends quelqu'un qui ne vient pas, ou bien je suis en avance. Le doute me prend. J'enfonce mes mains dans mes poches.

 

 

 

04.11.2008

Tout va bien

Img_1698.jpg
Arpenter la ville sous la pluie à la recherche de témoignages qui mettent en rapport les aspects du réel les plus dispersés, les plus incongrus parfois et donnent du sens à ce qui n'en a pas. Accepter de ne pas choisir. Accepter donc le mauvais goût et son esthétique du mal écrire qui est celle-là même des grands créateurs. S'ouvrir à l'inachèvement, au cours perpétuellement défait du monde. Travailler pour ne pas faire. Travailler pour que tout finisse par être défait. Un petit peu bien défait sur le terrain du langage et du monde. Du langage-monde. Réduire à l'intimité d'une rue la vaste extension qui va d'une mer immense à une mer immense. Les mondes sont de petites îles et sur les îles le plaisir se trouve dans le bref espace entre deux coins de rue.

26.10.2008

à l'heure de la pause

Img_1747.jpg

24.10.2008

L'ascenseur s'arrête au trentième

Img_1727.jpg

16.10.2008

Jusqu'ici tout va bien

Img_1720.jpg

Je marche. sans arrière pensée. Je dirige mes pas vers le point de l'horizon le plus lointain. Je suis les trottoirs. Je les quitte. Je traverse le bitume. Je marche droit vers d'autres rues plus loin. Je les traverse. Je les quitte pour d'autres encore. Je rejoins le point de l'horizon le plus lointain. Je marche. Je marche. Je marche sans rien atteindre. Je m'arrête. Je repars. Le ciel remue sans cesse. Il n'y a personne pour le moment. Rien ne bouge. Je regarde mes pieds larges. Je marche. Je m'arrête. Je continue. Je suis dans les rues de la ville. Dessous les nuages, une vapeur grise stagne. Le ciel est bas. Le ciel est si bas qu'il touche presque le bitume. L'état du ciel est malade. On dirait une ville presque déserte où seuls demeurent quelques témoins de sa destruction. Des volets grincent. Sur le sol, la poussière sent l'urine. L'odeur reste, de l'urine et de la poussière. C'est comme ça chaque fois. Café ou bière ? Rien ne me plaît davantage que marcher sans but dans la ville, tandis qu'arrive de la rue la rumeur d'un quartier avec son concert habituel de cris, de klaxons et de coups de freins. Histoires quotidiennes qui reflètent l'inexplicable instinct de la vie. Histoires sans importance ? Je n'ai pas de réponse.

14.10.2008

Sarkopie

Img_1699.jpg

12.10.2008

Qu'est-ce que la voisine vient faire là ?

Img_1694.jpg
Rien n'a changé
Je fais ce que je peux
comme les autres
Juste ce qu'il faut pour
rester en équilibre sur
la corde raide
La ville Le quartier
ses odeurs et ses gens
Le soleil pendant
une bonne partie
de la journée
Envie d'un café
et d'une bonne ration
d'enthousiasme
Tout est tranquille
exactement comme
d'habitude
Dehors tout est
toujours aussi calme
Je remonte le
col de ma veste
Et les requins continuent
à se goinfrer dans leur bocal
Un vrai trou noir !
Et c'est toujours les plus
petits qui trinquent !
Il ne faut pas déranger
celui qui tient le fusil
ou le carnet de chèques !
Al Capone de la finance
Traders acharnés au boulot
Prêteurs sans scrupules
Miam miam par ici
le système coule
coulons le système
l'orchestre joue sur le
ponton du paquebot
Nous marchons sur la queue
du chat rouge beaucoup de
rouge rouge du sang
de la colère rouge intense
du néant au matin d'un
jour quelconque comme
dans une peinture de
Jérôme Bosch

Quelque chose qui vient d'ailleurs

Img_1688.jpg
Fermer les industries
Réduire le nombre
d'autobus et de voitures
Prendre soin des forêts
Déclarer que l'air est
un bien irremplaçable
Ce n'est qu'un rêve
L'air comme la liberté
a des limites définies
par quelques individus

08.10.2008

Just say NO !

Img_1687.jpg
Dis seulement NON
Et accroche-toi à ce
qui te fait vivre

03.10.2008

Jour de mistral

Img_1686.jpg
En art, la vérité, le réel commence quand
on ne comprend rien à ce qu'on fait, à ce
qu'on sait... Henri Matisse

 

15.09.2008

68 ! 2008 ?

Img_1552.jpg

13.09.2008

La Libellule des Capucins

Img_1529.jpg
Comment s'attacher au moment de la production
sans reprendre la vision du chantier comme
métaphore de l'effort humain ?

11.09.2008

Fuel

Img_1580.jpg

09.09.2008

Lignes croisées

 

Img_1074.jpg
Marcher dans la rue

S'arrêter assez souvent

Regarder les portes

Les murs les chats les chiens

La dégaine des passants

La danse des lettres

Le jeu des couleurs

Les affiches les vitrines

Le ciel bleu-jaune

Collecter les messages

Nés au hasard des

[Déchirures]

S'enduire du suc de

[L'instant]

Jouer

 

 

 

 

 

 

 

 

07.09.2008

BAN !

Img_1568.jpg

03.09.2008

La rage s'étend

Img_1561.jpg

25.08.2008

Nous ne vivons plus au temps du Silence de la mer

Img_1494.jpg

Etre un LIBRE

Se déplacer en permanence

En liberté surveillée

Laisser des traces

Gestes ordinaires de l'existence

Quotidienne

Saisis dans les dispositifs

De contrôle

Eventuellement de

Répression

Devenir Phénix

Mourir ici

Renaître ailleurs

Se déplacer

Refaire surface

Toujours le même

Et méconnaissable

Le monde que nous habitons

N'a plus NI ce sol ferme

NI ce souffle long

Au point dit Benjamin

Que les morts eux-mêmes

N'y sont en sécurité

 

18.08.2008

L'homme qui marche

Img_1527.jpg
Je marche
Il est quatre heures de l'après-midi
Je traverse des places des rues
Je croise des gens bronzés
assis en terrasse
l'air en plein visage
les sandales aux pieds
ils retiennent leur verre
prêt à s'envoler
Le mistral invisible et puissant
balaie les voix les puanteurs
le claquement des talons
les sirènes qui hurlent
Autour de moi tout se déplace
Sous mes pieds le sol bouge
L'asphalte prend des reflets bleus
Asphalte sale crasseuse
plombée par les gaz d'échappement
les merdes de chiens
la poussière la graisse
la pisse des hommes
Je traverse des places des rues
La ville me traverse
Parfois ses bruits me font mal
Parfois je suis bien dans son tumulte
Et cela me rassure

15.08.2008

Entre deux traces

Img_1514.jpg

Traces sur le corps de la ville

Traces anonymes

Petites fictions colorées

Sur des murs désolés

Bombes

Torches

Sticks

Marqueurs

Cirages

Certaines se fissurent

D'autres se cherchent

Un simple coup de vent

Peut les entraîner

Plus loin

Catch me if you can

Attrape-moi si tu peux

Quand on les quitte

On est à peu près sûr

De les retrouver plus tard

A la même place

Inchangées dans leur substance

Pas forcément dans leur aspect

14.07.2008

La vie au grand Angle

Img_1430.jpg

12.07.2008

Pouvoir Pouvoir

Img_1443.jpg

Rue Moustier - Marseille

10.07.2008

Je vis libre

Img_1442.jpg

06.07.2008

Ni frontières Ni prisons

Img_1389.jpg