Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Plaques-sensibles

  • Le corps de la ville

    IMG_2815.JPG

    Lorsque je marche dans les rues de la ville, que je les connaisse déjà ou que je les découvre au fil des pas, ma relation avec la ville est d'abord une expérience corporelle. Un fond sonore et visuel accompagne ma déambulation. Ma peau enregistre les fluctuations de la température et réagit au contact des objets ou de l'espace. Je traverse des nappes d'odeurs pénibles ou heureuses. Cette trame sensorielle donne à mon cheminement au fil des rues une tonalité plaisante ou désagréable selon les circonstances.
    La ville n'est pas hors de moi, elle est en moi. Elle imprègne mon regard, mon ouïe et mes autres sens. Je me l'approprie et agis sur elle selon les signification que je lui confère. La marche urbaine, c'est aussi un pli du corps.

    http://marinevassort.wixsite.com/la-lieuse/du-ciment-au-vegetal

  • Paysage sensoriel

    IMG_2812.JPG

    La ville se voit et s'entend. Elle s'aperçoit par les odeurs et les saveurs. Dotée d'un paysage sensoriel propre, la ville se sent, se ressent comme une expérience intime et sociale, faite d'attentes culturelles et affectives. C'est l'ambiance de la ville.
    Le corps humain est façonné par la ville dans laquelle vit l'individu. La ville est sensuelle. La ville est associée à certaines saveurs. La ville se laisse aussi appréhender par la sensibilité tactile. Mais qu'en est-il lorsqu'on quitte le terrain de l'investigation intellectuelle pour explorer celui plus intime du récit de vie ? Quel goût a la ville et comment se laisse-t-elle toucher par celles et ceux qui ont su développer une attention aiguë à l'égard du sensible ?

    http://marinevassort.wixsite.com/la-lieuse/du-ciment-au-vegetal

     

  • Les passagers de l'ombre

    Ne vous faites pas de souci, on va voir comment on peut se débrouiller, Et ils cherchent un bout de terrain qui ne sera jamais plat, Et ils y enfoncent des bouts de bois et des cartons pour construire des cabanes dans les broussailles, quelques-uns installent de grandes toiles en plastique qui les protègeront provisoirement de l'hiver, Et de part et d'autre du sentier, des choses émergent en désordre. Le soir, quelques filets de fumée ça et là.
    Ces femmes et ces hommes vont et viennent soigneusement couverts, avec un foulard sur la tête et des vêtements longs, remuant le fouillis des poubelles avec un bâton ou un cintre métallique. Sous le soleil intense de l'été ou sous la pluie, les enfants aussi, quand ils accompagnent les leurs, volettent comme des oiseaux courbés sous le poids des poubelles des autres. La puanteur colle à leur peau comme un vêtement de plus.
    Ce n'est pas qu'ils n'aient pas de famille, ou qu'ils n'aient pas d'autres endroits, c'est que pour eux la côte est rude, celle de la vie.

    Prédateurs - page 103
    http://www.editionsdelabatjour.com/2016/09/l-ampoule-n-21.html

     

     

    Lire la suite

  • Le tête à l'envers

    Le soleil est au zénith. Chaud. les feuilles sont balayées dans un sens puis dans l'autre au gré des coups de vent. Quelques oiseaux essaiment leur ombre sur la terrasse. Tap Tap. Une fille est en train de tapoter sur la table. Elle a plein de bracelets aux bras et des bagues à tous les doigts. Elle boit une gorgée de bière. Secoue la tête. Des avions passent dans le ciel. Ceux qui sont çà haute altitude viennent de décoller. Ceux qui volent à basse altitude atterrissent. Les gens là-haut. Des vies. Des vies pleines de moments épars et d'évènements entassés. Je descends vers le port. L'air empeste la putréfaction. Certains trouvent que ça pue. Ils en sont malades, pas moi. J'aime l'odeur de l'essence sur l'eau vaseuse, celle des petits bateaux de pêche et des vieux cordages.

    Lire la suite

  • L'instant présent

    IMG_2244.JPG

    Le cargo fend la mer, chargé de containers. Un homme et une femme longent la plage. Un homme seul flatte son chien. Le vent souffle. La mer bouillonne. Le ciel se voûte. L'air remue. Une porte s'ouvre dans une maison beige. Un vieil homme planté sous un feu tricolore, n'ose pas traverser la rue, malgré le signal vert. Son visage est tellement ridé qu'il est difficile d'y déceler une expression quelconque. Ce qu'on remarque d'abord, c'est le petit oiseau qu'il tient doucement entre ses mains serrées contre son corps. Il tourne la tête et sourit à l'oiseau, dont la petite tête bleue aux yeux fermés se blottit faiblement contre lui.